Aussitôt? … Oscillo! …

27 novembre 2007

Avec la venue de l’hiver, le cortège des refroidissements et des grippes circule de nouveau dans nos villes.

C’est également l’heure pour les « marchants du Temple »de vanter par tous les moyens possibles, les merveilles qu’ils nous proposent pour nous aider à lutter contre les maux hivernaux.
Et parmi eux, LE Laboratoire Mondial d’Homéopathie - notre fierté nationale, qui n’a pas, cette année encore, manqué de démarrer sa campagne Hivernale sur les mérites – préventifs et curatifs – de son Oscillococcinum … à utiliser surtout dès les premiers symptômes « Aussitôt? … Oscillo ! »

Tout cela m’a rappelé que j’avais quelque part, bien au fond de ma bibliothèque homéopathique, un livre assez ancien intitulé « Oscillococcinum, Autour et Alentour » (ISBN 2-88063-132-7) dont l’auteur, le Dr Nicole Curé, est une très ancienne connaissance.

Je me suis donc replongé dans la lecture super-instructive de cet ouvrage, dont je vais essayer de vous résumer ici les principales idées, à partir de passages extraits de ce livre dont j’ai d’ailleurs volontairement suivi le plan …

Au commencement, était le Dr Joseph ROY, né à Dijon en 1891. Mobilisé dans la « grande Guerre » comme médecin du génie en Alsace, il arrive à Verdun juste avant l’offensive allemande. Il assiste à la grande épidémie de grippe de 1917. C’est là que toute l’histoire commence et en particulier ses travaux sur un drôle de diplocoque oscillant, inconnu à l’époque, qu’il baptisa « Oscillocoque ».
Démobilisé, le Dr Roy exerce 10 ans à Dijon, puis vers 1925 il s’intéresse à l’homéopathie et au traitement du cancer. Il publie un livre « Vers la connaissance et la guérison du Cancer ». En 1927, il quitte Dijon pour Paris où il exerce d’abord avec le Dr Vannier (1929) avant de s’installer seul.
Remobilisé en 1939 à Dijon, il fera sa « drôle de Guerre » comme Médecin Chef du Sce de dermoscintigraphie pour la 8° région militaire.
Esprit ouvert, le Dr Joseph Roy aura tout au long de sa vie une triple activité de médecin praticien, médecin biologiste et métaphysicien. En 1964 il publie « Métaphysique de la Vie ».

Ami des arts et des sciences, il fut un proche du Pr Jules Tissot, un des piliers de la théorie « transformiste » sur l’origine des maladies, courant antipastorien de l’époque ayant comme figure de proue le Pr Béchamp en France, le Pr Enderlein en Allemagne, et bien d’autres ….

Oscillococcinum naquit des travaux du Dr Joseph ROY en 1925.
Selon le Dr Curé, « après avoir été indiqué à l’origine comme fortifiant, comme nosode du cancer à l’égal de Carcinosinum, comme nosode de la Psore, après avoir connu des succès dans les ulcères de jambe et les otites, oscillococcinum semble réservé actuellement à la grippe et aux états grippaux. Cette dernière assertion serait-elle en relation avec le fait que, depuis 1974, des auteurs comme Webster considèrent le canard comme l’un des réservoirs naturels du virus grippal? »

« L’implication de l’oscillocoque dans le cancer serait-elle en relation avec l’activité impressionnante du facteur nécrosant des tumeurs dans de multiples processus de l’inflammation et de l’immunité? »

« Quel rapport entre :
− la grippe, le cancer, les maladies chroniques;
− l’oscillocoque, le sang, le cadavre en décomposition;
− oscillococcinum, le foie, le coeur;
− le canard, les cytokines et l’homéopathie »?

Voilà bien des questions intéressantes, n’est-il pas ?

Effectivement, documents historiques et extraits de travaux scientifiques de l’époque à l’appui, le Dr Curé essaie tout au long de son ouvrage d’éclairer pour le lecteur toutes ces questions qui se posaient, ne l’oublions pas au plus gros de la bataille scientifique qui opposa les théories des « transformistes » à celles des « pasteuriens ».

Oscillocoque, microbe de la grippe.
Au cours de l’épidémie de grippe de 1919, le Dr J. Roy, travaillant alors dans un service de dermato-vénérologie, attribua à l’association grippe + syphilis les formes particulièrement graves de la syphilis qui firent leur apparition à cette époque. Dans les sécrétions des chancres syphilitiques, puis dans le sang des soldats atteints de grippe, il découvrit l’oscillocoque qui présentait 2 caractéristiques:
− un diplocoque formé de 2 grains inégaux, animés d’un mouvement oscillant tenace
− la production d’un pigment noir
Il retrouve le même microbe dans les sécrétions de grippés graves. Il considère à l’époque que c’est l’oscillocoque qui « provoque une infection aiguë mortelle, tout à fait analogue à la grippe, et même comme j’en ai la conviction, identique à elle ».

Oscillocoque, microbe du cancer.
Travaillant sur le sang récolté en vue de la réaction de Wassermann pour la syphilis, le Dr Roy avait noté que l’aspect du sang (culot, sédiments, mais aussi cristallisation par séchage sur une lame de microscope) prenaient des aspects différents selon les pathologies, et particulièrement le sang issu de malades cancéreux. J. Roy avait également observé la présence d’oscillocoques dans les tumeurs et dans le sang des malades cancéreux.
« Il existe bien un microbe du cancer. Ce microbe, je l’ai observé d’une manière constante dans une centaine de cancers qui n’étaient ni ulcérés ni infectés secondairement »
… Et le Dr J. Roy de rapprocher sa découverte de celle faite 40 années auparavant par le Pr. Rappin de Nantes puis par Doyen et étudiée par le Dr. Nebel de Lausanne sous le nom de Micrococcus neoformans, dont oscillococcinum a toutes les caractéristiques.
Selon le Dr Roy, la preuve que oscillococcinum est le microbe du cancer, c’est que « les cancéreux réagissent à des vaccins préparés à partir de lui-même ou à partir des dilutions homéopathiques de ses cultures, aussi vivement que les tuberculeux réagissent à la tuberculine ».

Oscillocoque, microbe de la Psore.
J. Roy observa l’oscillocoque dans des affections banales, sans rapport avec la grippe ou le cancer, comme la rougeole, les oreillons, la varicelle, le pus de la conjonctivite, le pus d’abcès, pus de l’infection gonococcique, la salive de patients atteints d’angine etc … ».
Selon le Dr N. Curé « Pour J. Roy, l’oscillocoque allait devenir le microbe accompagnateur de toutes les maladies chroniques, et en particulier le microbe de la Psore; corroborant ainsi les affirmations du grand Raspail, qui, plus hardi que Pasteur, et du reste avant Pasteur et avant Davaine, soutenait que toutes les maladies avaient une cause parasitaire ».

C’est ainsi que pour J. Roy, l’oscillocoque, microbe saprophyte le plus banal de la peau et des muqueuses, devient microbe du cancer, microbe de la grippe, microbe de la psore et de toutes les manifestations arthritiques (rhumatisme déformant, eczéma, psoriasis, rhumatisme chronique, maladie de Parkinson, artériosclérose, etc …).
Il écrit en 1928 « J’ai maintenant l’intime conviction que la Psore – dénomination malhabile, sans doute, de la plus géniale des intuitions médicales – n’est autre chose que l’infection oscillococcique ».

Oscillocoque et endogénie microbienne.
Metchnikoff concevait la nature de la vieillesse comme une véritable maladie microbienne. La maladie selon lui, représenterait alors, pour les êtres vivants, une phase d’existence naturelle aussi inéluctable que leur développement embryonnaire.

Partant de cette idée, et ayant observé la présence de l’oscillocoque dans les tissus embryonnaires, J.Roy ne fut pas étonné de les retrouver aussi sur les cadavres.
« lorsqu’on abandonne à la décomposition … n’importe quel tissus, on voit habituellement apparaître … deux formes fondamentales,: les cocci et les bacilles. …… Cette origine des maladies dans la viciation, la décomposition de ce qui a été vivant, est particulièrement évidente pour la maladie par excellence: le cancer. » Et le Dr Roy de penser que la recrudescence des grippes et de cancers observée au cours des années 1920-1930, n’avait d’autre cause que les nombreux cadavres qui pourrissaient dans les anciens champs de bataille de la « grande guerre ».

Nous en arrivons à la notion d’endogénèse microbienne défendue par le Pr Antoine Béchamp (1816-1908), et à sa suite par le Pr. Tissot et J. Roy qui disait « les microbes ne pouvaient provenir que des organismes supérieurs dont ils représentaient une forme ultérieure d’existence, et pas du tout, comme le pensait Pasteur, les espèces les plus inférieures d’êtres vivants » (J.Roy 1929).

* Pour Pasteur, les microbes sont les agents des maladies et doivent nécessairement être absents du sang normal et des tissus sains.

* Pour les adeptes de la théorie transformiste (Portier et Tissot en France), les êtres vivants – animaux ou végétaux – contiennent en abondance, à l’intérieur du sang, de la lymphe et des vaisseaux, des cellules, des microbes ou des symbiotes indispensables à la vie organisée.
Les symbiotes résisteraient à une température de 150°C. Les symbiote des tissus seraient les mitochondries. Toute vie organisée serait la symbiose d’une structure supérieure avec les microbes.

Selon Tissot, « tout microbe se transforme naturellement en moisissure; chaque espèce vivante animale ou végétale a sa moisissure spécifique; cette moisissure préexistait dans l’état de vie de l’organisme ».

* Pour J. Roy, « l’origine de l’oscillocoque doit être recherchée dans la cellule elle-même … »

Oscillocoque et polymorphisme microbien.
Différents auteurs ont donné des descriptions contradictoires de ce qu’ils pensaient être le parasite du cancer: un microcoque? des protozoaires? des cocci? des levures?
Ainsi, avec J. Roy, plusieurs auteurs entre 1930 et 1950 ont décrit ce polymorphisme de l’agent infectieux du cancer, avec des stades évolutifs donnant naissance à des formes successives:
bacilles → cocci → sporanges → inframycoses → mycètes → ultra-virus → etc …

Ainsi, selon J. Roy, l’oscillocoque présenterait des variations très aisées. Son aspect le plus habituel est le diplocoque à grains inégaux. Mais en vieillissant, le microbe augmente de taille. Un 3° et 4° grain apparaissent. Il finit par ressembler à un streptocoque (microbe polymorphe de l’érysipèle et de la fièvre puerpérale).

D’autres auteurs rapportaient une transformation réversible du gonocoque en diplocoque Gram-positif tout à fait semblable à l’oscillocoque de J. Roy.

Les travaux d’Herelle, Hauduroy et Nicolle avaient montré que les virus pouvaient dériver directement des microbes visibles, lesquels habituellement banaux et peu pathogènes pouvaient devenir des agents infectants extrêmement redoutables.
On peut ici citer Joseph Roy: « J’ai la conviction qu’il en est de même pour la grippe épidémique qui est causée par le même microbe que le cancer, par l’oscillocoque transformé en virus ».

De l’Oscillocoque à Oscillococcinum.
L’oscillocoque ayant été nettement identifié comme l’agent causal des cancers, il fut naturellement utilisé pour essayer de combattre cette maladie.
Citons Vannier: « L’état cancérinique est le résultat de l’empoisonnement de l’organisme par les toxines secrétées par le Micrococcus ou par l’Oscillocoque, qui sont le même microbe. Micrococcines et oscillococcines sont des toxines cancériniques que nous devons neutraliser pour guérir le malade et empêcher les cancériniques de devenir cancéreux » (1927).

C’est l’époque où l’on prépara en France, des isothérapiques homéopathiques microbiens issus pour certains de germes présents dans le sang des malades cancéreux. Ces autoisothérapiques étaient ensuite soit ingérés, soit injectés (SC, IM, …).
En Allemagne on a essayé de préparer un vaccin anticancéreux à partir de cultures tuées de myxomycètes. On a vu à cette époque l’avènement de l’Iscador (extrait fermenté de gui – Viscum album).
En Suisse Nebel cultivait son onkomyxa sur le Mucor racemosus et en réinjectait une dilution allant du 1/1000° (2CH) au 1/100′000° (3CH).

Si l’on admet la non stérilité des tissus, on peut dire que dans tout tissu sain il y a des granulations qui ont une puissance de vie qui peut être infusée à d’autre êtres et régénérer des organes déchus. … l’organothérapie est la mise en oeuvre des microbes, puissance de la vie. Elle représente en somme une inoculation des microbes vitaliseurs comme il y a inoculation de microbes pathogènes dans d’autres cas.

Si l’on admet que dans toute maladie chronique (cancer) la partie malade renferme en son sein la cause de la maladie (oscillocoque) on comprend la démarche des homéopathes qui ont utilisé les organes malades ou leurs sécrétions (nosodes) pour soigner les maladies chroniques.

Pour J. Roy (1929) pratiquer une organothérapie de la tumeur revenait simplement à administrer l’oscillocoque. Oscillococcinum– autolysat filtré de foie et de coeur de canard, dynamisé à la 200°K – en tant que médicament prophylactique du cancer (et plus tard de la grippe) était né.

Les “Bonnes” questions sur la préparation originale d’Oscillococcinum

− Pourquoi le canard?
Probablement par analogie avec le nosode aviaire. Les microbes d’oiseaux étant connus à l’époque comme non pathogènes pour l’homme. Egalement le canard est identifié comme le plus important réservoir (sain?) du virus de la grippe.

− Pourquoi le Foie et le Coeur?
Probablement parce que c’est dans ces organes que siégeaient les lésions de la grippe mortelle déclenchée par inoculation de cultures oscillococciques aux cobayes? Parce que le plasma sanguin est secrété par le foie? Parce que les anciens voyaient dans le foie le siège des souffrances humaines et donc l’endroit où s’opéraient les modifications pathologiques du sang?

− Pourquoi du foie en autolyse aseptique?
Pour laisser ce tissu en décomposition s’enrichir au maximum en oscillocoques?

− Pourquoi l’emploi d’une préparation vieillie?
Parce que les vieilles cultures ont la réputation de contenir des germes de virulence atténuée, mais des toxines en plus grande quantité.

− Pourquoi en dilution homéopathique?
Dans l’espoir d’une action thérapeutique dans le cancer identique à celle des tuberculines dans le traitement des tuberculeux et des tuberculiniques. Egalement pour éliminer les risques d’aggravations chez les cancéreux, comme on avait pu malheureusement en observer au cours des essais faits par des vaccins non dilués.

− Pourquoi en dilution 200°K?
C’est le résultat des observations cliniques faites par Chavanon avec ce remède. La 200°K avait donné les meilleurs résultats dans la grippe.

Les bonnes“mauvaises” questions d’Iznogoud.

L’Oscillococcinum de maintenant est-il le même que celui mis au point et expérimenté du temps de Joseph Roy?
Le Dr N. Curé écrit:
Si par la puissance du raisonnement oscillococcinum en tant que produit de culture oscillococcique peut prétendre à une place dans la thérapeutique anti-infectieuse du cancer, il serait vain de vouloir attribuer le même rôle à oscillococcinum en tant que foie de canard stérile.
Les laboratoires Boiron affirment que la préparation actuelle du remède est conforme aux directives du Dr J. Roy (ce qui est exact). Or, les laboratoires Boiron affirment que la préparation-souche actuelle est stérile (ce qui est vraisemblablement exact), tandis que la préparation de Roy était sensée voir « pousser quelque chose » (un ou des germes de contamination saprophytes sans doutes, si tel est le cas), et ce quelque chose servait de souche au remède.
Rien ne permet donc d’affirmer que l’oscillococcinum d’aujourd’hui soit semblable à celui qu’utilisait J. Roy. Si l’efficacité du remède contre la grippe reste malgré tout inchangée, c’est qu’elle est indépendante de l’éventuel développement d’un germe?

Par rapport au cancer, a-t-on vérifié le risque, en matière de santé publique, de cet oscillococcinum utilisé en prévention et en soins des états grippaux?
Carcinosinum, l’autre nosode du cancer, est interdit en Francepour des raisons pas toutes bien claires, mais qui sont à l’évidence en relation avec le principe dit de précaution, parapluie administratif visant principalement à protéger la carrière de nos chers hauts fonctionnaires et accessoirement à éviter les graves problèmes de santé publique.

C’est donc suivant le sacro-saint “principe de précaution” que Carcinosinum (nosode constitué de plusieurs souches de cellules cancéreuses) a été interdit car il pourrait induire un cancerchez un porteur sain mais sensible ?… même à doses homéopathiques! Sachant que nos instances de tutelle reconnaissent qu’il n’y a plus rien des principes d’origine dans les très hautes dynamisations homéopathiques !! … mais on ne sait jamais … (principe de précaution oblige).

Quid alors d’Oscillococcinum, cet autre nosode du cancer dynamisé en 200°K, dont personne ne se soucie plus aujourd’hui, puisqu’on en a oublié le côté cancerpour ne plus retenir que l’aspect antigrippe du remède.
Est-on certain de ne pas induire des cancers dormants en administrant oscillococcinum à des personnes grippées ou susceptibles de l’être ??
Ne faudrait-il pas, ici aussi prendre quelques précautions?

Que penser du risque potentiel de contamination virale par mutation avec le virus H5N1 suite à l’emploi des abats de canard utilisés pour faire le remède?
Si – en suivant les dogmes pasteuriens – les prélèvements de tissus qui servent à fabriquer le remède sont bactériologiquement stériles, le sont-elles également du point de vue de leur virologie?

Mais si, par ailleurs, Béchamp, Tissot et Roy avaient raison? Ces tissus pourraient-ils vraiment être stériles et exempts de toutes formes de bactéries, champignon, virus ??

Connaissant les risques de mutation du virus de la grippe aviaire H5N1 avec cette omniprésente possible transmission à l’homme, n’il y a-t-il pas de quoi être inquiet quant à l’emploi larga manu et sans discernement de cet oscillococcinum – pub et automédication obligent ?

Qui nous garantit la non-contamination virale (au sens pasteurien) des abats employés par les différents fabricants ?

Quelles recherches virologiques ont été menéespar les Laboratoires qui fabriquent de nos jours aussi bien l’original que ses copies dans les différents pays de la communauté européenne?

Que penser d’une toujours possible contamination humaine par le virusH5N1, mais aussi des autres combinaisons potentiellement dangereuses comme le virus H1N1 (virus de la grippe espagnole de 1918) ou par d’autres joyeusetés à venir?

A moins qu’en cette affaire, les labos fabricants ne considèrent les dogmes pasteuriens comme non relevants pour leurs produits, et qu’ils ne préfèrent pour une fois, s’en référer aux théories des transformistes, en proposant des dilutions de produits bactériens ou viraux, voire des champignons, lesquels administrés au bon moment pourraient bloquer et même faire régresser les maladies (et donc aussi les germes commensaux devenus pathogènes) pour revenir à un état d’homéostasie qualifiée de bonne santé.

La machine à remonter le temps.
C’est en s’inspirant des travaux d’un autre “transformiste” le Pr Enderlein, que toute une gamme de médicaments a été développée par un laboratoire allemand. L’idée générale est que: quand à un patient dont la maladie correspondant au stade “x” de son évolution , on administre des dynamisations d’un “champignon” spécifique à un stade de croissance volontairement arrêtée au même stade “x” d’évolution, on verra régresser la maladie.
Des doses répétées de dynamisations du champignon à des stades successifs de moindre évolution, contribueront à faire régresser la maladie jusqu’à revenir à l’homéostasie salvatrice que l’on appelle guérison.
On vient d’inventer la machine à remonter le temps.

Alors? Pasteuriens ou Transformistes, qui a raison ?
A mon avis, nous en sommes à 50%-50%:

- Les Pasteuriens me semblent dire vrai en partie; dans la mesure où on s’intéresse à l’espace-temps assez court qui est celui de la maladie proprement dite.

- Les théories transformistes me paraissent réalistes si on considère que la maladie fait partie de la vie, qu’elle est un catalyseur actif de notre évolution, et que le tout (nous et nos maladies) fait partie d’un espace-temps bien plus vaste que seulement celui de la seule maladie proprement dite.

Le colibacille, notre père à tous?
Lisons ce que le Pr Tissot écrit dans son livre “Constitution des Organismes Animaux et Végétaux, causes des maladies qui les atteignent” (1926, 1936, 1946):
[…] Les masses granuleuses décrites plus haut sont bien des leucocytes, et les leucocytes sont des masses d’agglomération des granulations ou spores du colibacille organique. Les masses de granulations appelées hématoblastes ou plaquettes, sont également des leucocytes en formation qui probablement grossiront par adjonction d’autres éléments. […] L’agglomération en masse est le premier stade de développement d’une nouvelle génération. La masse agglomérée comprend des éléments achromatiques, auxquels viennent se joindre des éléments chargés en chromatine et qui, par une multiple copulation, formeront une masse germinative qui donnera naissance à de nouveaux filaments mycéliens. […]
La nouvelle connaissance de la nature et de l’origine des éléments bactériens (granulations et bacilles) de l’organisme animal et de l’existence du colibacille organique fournit à cette conclusion une confirmation éclatante et péremptoire ; elle établit que les leucocytes sont bien des masses d’agglomération ou germinatives d’une culture bactérienne dont tous les éléments existent dans le sang et qui évolue suivant les quatre phases déterminées dans le premier volume : agglomération, fusion des éléments agglomérés, germination, segmentation des filaments mycéliens développés.”

Selon Tissot, Le colibacille est un élément bactérien omniprésent dans le corps humain, responsable des catalyses biologiques, mais également de la putréfaction des corps.

Selon le dogme pastorien de l’asepsie des êtres vivants, il ne peut exister de bactéries dans le sang d’un sujet sain. Le colibacille est officiellement cantonné à l’intestin, et son passage dans le sang est considéré comme le symptôme d’une maladie.

Pourtant, selon Tissot, le colibacille est bien présent dans le sang, et en très grande quantité. D’ailleurs pour cet auteur, le colibacille est également le leucocyte, le globule blanc, le macrophage, le monocyte et le polynucléaire, tous des organites censés phagocyter les microbes lors de la réponse immunitaire.

Notre devenir serait-il piloté par le colibacille?
Est-ce pire d’être issu d’une colonie de colibacilles que de provenir de la combinaison hasardeuse entre un spermatozoïde avec un ovule?
Qui nous “pilote” vraiment dans notre devenir d’espèce?

Bon, je vois, vous trouvez que j’ai déliré grave?
Vous pensez qu’à relire Tissot, Béchamp et Nicole Curé je suis devenu fou?
Peut-être? … au fond.

Vous avez quelque chose contre la SciFi (science-fiction) médicale? C’est passionnant non? … Et même que ça pourrait rapporter gros en débouchant sur des idées nouvelles, folles et surprenantes, si on voulait bien prendre le temps de réfléchir un peu en dehors des sentiers battus?

Dans l’attente de vos commentaires,

Votre dévoué fdm,

Izngd.

La Suisse, l’un des plus beaux pays du monde … ?

23 novembre 2007

La Suisse n’est pas seulement un des plus beaux pays du monde, c’en est aussi sans doute la plus authentique démocratie : toutes les décisions importantes sont prises avec l’accord du peuple, lequel a le droit de demander, à l’initiative d’un petit nombre de citoyens, des « votations » sur des sujets qu’il juge importants, tels que l’intégration du pays à l’Europe économique ou le port de la muselière pour les chiens dans la rue.

Comme disait un humoriste, l’enfer ce serait un pays où la police serait allemande, les cuisiniers anglais, les mécaniciens français, les amants suisses et où tout serait géré par les Italiens ; le paradis, ce serait un pays où la police serait britannique, les cuisiniers français, les mécaniciens allemands, les amants italiens et où tout serait géré par les Suisses.

En Suisse, tout est géré par les Suisses. C’est déjà un bon début.

Tout a été prévu, pensé, organisé, programmé pour le bonheur et la sécurité des citoyens. Aucun vent mauvais ne doit, sous aucun prétexte, froisser la surface du lac tranquille de leur vie. Les Suisses, ultra-protégés, sont des gens heureux.

                                                                                                         

Ainsi s’exprime feu Loïc le Ribault, le “découvreur” (entre autres choses) du silicium organique connu sous le nom de G5, dans un site posthume ouvert par quelques amis fidèles.

Je ne peux que vous conseiller d’aller visiter ce site et de découvrir cet homme plein de talents, d’humour et de poésie: http://www.loic-le-ribault.com

Votre dévoué Izngd.

Remboursables ou pas? Avec ou sans franchise ?

25 septembre 2007

Le récent appel à la mobilisation générale lancé par le Syndicat National des Médecins Homéopathes Français (SNMHF) contre l’application future d’une franchise de 0,50€ par remboursement de chaque produit homéopathique acheté sur ordonnance, appelle à une réflexion holistique sur le sujet délicat du remboursement, en France, des médicaments homéopathiques .

J’ai l’impression qu’on marche sur la tête dès qu’on aborde le sujet du remboursement de l’homéopathie par les CPAM. Mais pourquoi?

D’une part l’Industrie nous dit:
Nous luttons pied à pied pour maintenir le remboursement de nos médicaments homéopathiques. Nous souffrons des attaques en provenance des gens, situés de l’autre côté de la Force, qui ne comprennent pas pourquoi nos produits sont encore remboursés, alors que nous ne pouvons toujours pas faire la preuve scientifique de leur efficacité.

Et voilà que le SNMHF appelle à la mobilisation générale contre une franchise, laquelle je le rappelle, devrait logiquement s’appliquer à tout médicament remboursé?

Mais aussi, et en même temps, l’Industrie nous dit:
Nos prix sont encadrés depuis des décades à cause de la prise en charge des médicaments homéopathiques par les caisses maladie. Nous avons de plus en plus de mal à équilibrer les comptes de nos entreprises. C’est pourquoi nous aimerions une actualisation du prix de nos produits de manière à remettre nos économies dans la réalité industrielle du moment.

N’est-il pas enfin temps de se poser quelques bonnes questions?

Q1: Pourquoi vouloir maintenir, contre vents et marées, le remboursement des médicaments homéopathiques?
Faisons la balance des avantages versus les inconvénients, en envisageant bien tous les tenants et aboutissants, puis agissons.

Q2: Quelles seraient les conséquence à court terme du non remboursement des médicaments homéopathiques ?

Q3: Comment serait, à moyen et long terme, la vie dans ce nouveau monde où le médicament homéopathique serait déremboursé?

J’ai bien mes petites idées sur ces questions, … mais vous ne les saurez pas car je pense que ce sujet mérite d’être débattu entre nous tous.

C’est pourquoi je vous invite à vous manifester en répondant à cet article.
De la discussion et de l’échange doivent naitre une ou des solutions afin d’arrêter de dire en même temps une chose et de souhaiter son contraire, particulièrement quand on aborde le sujet du remboursement des médicaments homéopathiques.

A vos claviers pour vos commentaires.

Perfidement votre,

Iznogoud
(fdm)

A propos des remèdes homéopathiques

18 septembre 2007

Quelle n’a pas été ma surprise, cet été, en entendant un « Maitre » en homéopathie classique dire avec assurance à ses élèves:

l Si vous avez correctement répertorisé, que vous avez donné le bon remède, mais que votre remède ne « marche » pas: alors changez la dilution.

l Si, après ce nouvel essai le remède ne « marche » toujours pas, retravaillez sur le cas.

l Et si le même remède revient encore et toujours dans votre répertorisation avec insistance, alors changez de fournisseur pour vos médicaments homéopathiques.


Aurait-on des bons et des mauvais fabricants?

Après de telles assertions on est en droit de se poser la question.


Rappel sur la fabrication des remèdes homéopathiques.

Afin d’assurer une uniformité entre les différents fabricants, la préparation des remèdes homéopathiques est maintenant codifiée par la Pharmacopée Européenne (PhEu).

Jusqu’à cette année 2007, il existait de notables différences entre les diverses dynamisations selon qu’elles étaient préparées selon la pharmacopée allemande ou selon la pharmacopée Française, et principalement quand il s’agissait de produits d’origine végétale. Depuis récemment, la pharmacopée a harmonisé le processus dans sa monographie « méthode de préparation des souches homéopathiques et déconcentration ».

Alors, d’où viennent les soi-disant différences entre fabricants ?

  1. Les matière premières utilisées
    Les plantes, c’est comme la vigne. Il y a des bonnes années et d’autres moins bonnes. Bien que la pharmacopée – pour les quelques monographies publiées – donne des spécifications chromatographiques, chaque laboratoire fabricant a ses propres normes d’acceptation et de rejet pour ses « souches homéopathiques ».
  2. La méthode d’extraction utilisée.
    Jusqu’à cette année, aucune méthode de préparation des souches n’avait été décrite en détail par la PhEu. Des disparités importantes existaient selon les pays (principalement France, Allemagne, Angleterre, USA), chacun suivant son propre livre de recette.
  3. Les souches d’origine animales: « chauffées » ou « non chauffées »?
    Clairement, aujourd’hui, toutes les souches d’origine animales devraient être autoclavées avant mise en œuvre des dynamisations. Est-ce vraiment le cas partout?
    Selon les pays, certains laboratoires ont mis au point, breveté et fait approuver par leurs instances de tutelle des procédés moins brutaux que l’autoclave, pour les souches animales.
  4. La méthode de dynamisation.
    Il ne semble pas que la PhEu ait décrit cette phase importante de la fabrication de nos remèdes. Hahnemann lui même a changé de méthodologie au cours de sa longue carrière. Pas étonnant que chacun y aille de sa propre méthodologie aujourd’hui, en fonction de l’édition de l’Organon dont chaque laboratoire se réfère.
    Evidemment, « secouer vigoureusement » 100 fois, ou 3 fois, ou 10 fois … le résultat au bout du compte n’est pas identique. Et je ne parle pas ici de la dynamisation en « lemniscat » utilisée par certains.
    Pour corser le tout, les laboratoire ont souvent mis au point un « dynamiseur » électrique maison, histoire d’éviter les « tennis elbows » à leurs laborantines. D’autres continuent (avec fierté) à promouvoir le remède « entièrement monté à la main » ….
    Evidemment, rien n’est comparable à ce niveau là non plus.
  5. La qualité de l’eau et des liquides de dilution (eau + alcool).
    Si on y réfléchit, le processus de fabrication des remèdes homéopathiques consiste à amplifier le « bruit » d’une substance médicamenteuse de base dite souche homéopathique, et ce au cours principalement de la « dynamisation » (déconcentration + succussion). On dit communément qu’on la « potentialise », d’où le nom de potency utilisé par les anglo-saxons.
    De même, si les liquides employés contiennent des impuretés, celles-ci vont être dynamisées en même temps que notre souche de départ, et donc vont rajouter du « bruit de fond » à l’ensemble de la préparation. Exactement ce que l’on ne veut pas …
    Une eau simplement « purifiée » est beaucoup plus chargée en impuretés qu’une eau osmosée ou distillée.
    Egalement, la rapidité avec laquelle on va utiliser l’eau produite va influer sur sa qualité. Une eau qui séjourne des jours dans des réservoirs n’est pas de la même qualité que celle qui est utilisée au fur et à mesure de sa production.
    La qualité de l’eau n’est pas abordée dans le chapitre « homéopathie » de la PhEu. Alors, ici encore, chacun y va de ses propres spécifications, qui sont généralement dictées par des critères de rentabilité économique.
  6. L’imprégnation des granules et globules.
    L’industrialisation et l’augmentation des volumes des ventes ont poussé les laboratoires à mécaniser l’impregnation des formes dites « sèches ». Obtient-on le même produit fini en versant N litres de solution d’imprégnation dans X kilos de granules, et en faisant tourner le tout dans une sorte de grosse bétonnière en acier inox? Ou en pratiquant une triple imprégnation, avec un séchage entre chacune d’elle, et ce dans des récipients de plus petite quantité?
  7. La conservation des produits finis, avant expédition,
    joue également un rôle. Il a été montré qu’une longue exposition à la lumière du jour, une exposition aux micro-ondes (fours, mais aussi tél. portables) ou aux champs électromagnétiques pouvaient, dans certaines conditions, altérer la qualité des remèdes homéopathiques.
    Là encore, selon les fabricants, les choses ne sont pas identiques …

J’entends d’ici votre question:
A qui dois-je adresser mes patients pour acheter des « bons » produits homéopathiques?

Ne comptez pas sur moi pour vous donner la réponse ….
car elle n’existe peut-être pas sous une forme aussi simple que « ici » ou « là ».

Un bon moyen pour dépatouiller le tout est peut-être de faire des statistiques sur vos succès et vos échecs, et de les croiser avec la provenance des remèdes ingérés.

Un autre est certainement de demander à visiter les labos (et leurs antennes locales) qui fournissent vos patients. Vous serez peut-être surpris pas les différences remarquées entre les uns et les autres.

Et si vous n’arrivez toujours pas à savoir, alors, il ne vous reste plus que le pendule, la méditation divinatoire … ou le vaudou?

Izngd, Votre dévoué.